LES LIEUX HABITES

 

« Ce texte est extrait du bulletin publié par l’Association Saint-Vrain et son Histoire. »

 

Feularde :

 

 

            Feularde était un hameau groupant quelques masures de part et d'autre d'une ruelle descendant aux marais et servant là de frontière entre Vert-le-Petit et Saint-Vrain. (fig 1). Les moines de Longpont et l'Hôtel-Dieu de Paris avaient possédé des terres dans cette zone. En 1741 encore, la fontaine de Feularde était indifféremment appelée fontaine de Longpont ou fontaine du Bouchet.

 

            Entre 1632 et 1635, le propriétaire des Renouillères achète au moins 3 maisons et leur jardin dans la partie saint-vrainoise du hameau. Sans doute fit-il de même pour celles situées sur Vert-le-Petit. En 1641, le hameau était "ruiné et abandonné". Mais en 1757, on voyait encore des "vestiges et des débris des anciennes maisons".

 

 

Escorchi :

 

            La plus ancienne représentation de la paroisse dont nous disposions est de peu postérieure à 1641, mais antérieure à 1648.

 

            L'église a alors 2 entrées, l'entrée principale ouvrant sur la façade ouest. Le 15.11.1754, le chirurgien Boileau est inhumé "vis à vis la grande porte." Celle-ci n'a donc été murée et l'église "tournée à l'occident" qu'après cette date et vraisemblablement peu après. Au sud-est et à l'est de l'église s'étend la place, appelée "le Carrefour" (fig. 2).

 

            Comme aujourd'hui, une croix, "la Croix Robinet" se dresse là où convergent le "Chemin Bazile", le "Chemin de l'église à la Croix Robinet" (l'actuelle rue de la Libération) et le "Chemin du Carrefour à la Croix Robinet (l'actuelle rue des Noblet) prolongé par le "Chemin du Carrefour à Vert-le-Grand." (l'actuelle rue d'Enfer). Et ce sont bien des chemins, non des rues. Aucune maison ne borde alors le Chemin Bazile et, sauf peut-être aux abords immédiats du Carrefour, le Chemin de Vert-le-Grand. Quelques unes seulement bordent les autres chemins. Notons que le "Carrefour" est appelé, une seule fois à notre connaissance (21.12.1639)", Place Royale", et que le Chemin de la Croix-Robinet au Carrefour puis à Vert-le-Grand est parfois, à la même époque, mais rarement, nommé "Chemin Royal". Plus récemment, en 1782, l'actuelle rue des Noblet s'appelait "rue des Cordons Bleus" ; et entre 1880 et 1914, la rue Bazile se nommait "rue de la Croix des Robinets".

 

            Peu après 1640, l'aspect du Carrefour change. Le "grand cimetière" est supprimé. Le petit, agrandi, jouxte désormais, et jusqu'en 1839, la façade ouest et l'extrémité ouest des murs gouttereaux de l'église. Une maison est construite à l'emplacement du grand cimetière, après le 7.11.1651 mais avant 1659, où elle échoit en héritage au fils de Jean Noury. Une autre maison, qui fut un temps une auberge à l'enseigne de l'"Espée Royale", est construite au chevet de l'église et Claude Allorge en hérite le 8.1.1675.

 

            3 chemins descendaient vers le marais :

 

            - le "chemin de la fontaine Saint-Caprais". En 1648, Jean Levasseur, le Seigneur de Saint-Vrain, fit construire 10 maisons le long du côté ouest de ce chemin. Ceci afin de reloger les propriétaires des maisons situées entre la "ruelle des Noblet" et le "Chemin des Berges" (voir ci-après), maisons qu'il voulait acquérir et démolir pour agrandir son parc. Le chemin prit alors le nom de rue. Mais entre les façades des maisons et le mur fermant alors le clos de la "Petite Ferme des Renouillères", qui plus tard s'appela "Ferme de l'Ecu", la rue restait aussi étroite que le chemin. Les troupeaux allant et revenant des "communes" (les marais, propriété indivise de la paroisse) y cheminaient malaisément. En 1723, les habitants obtinrent du propriétaire de la ferme le terrain nécessaire à l'élargissement de la rue. Ils donnèrent alors à la rue son tracé actuel.

 

            - la "rue des Noblet" qui, d'après un document du 14.7.1675 "conduisait antérieurement aux chenevières." Appelée plus souvent "ruelle des Noblet", elle partait du chemin du Carrefour à la Croix Robinet. L'un des 2 coins formés par ces 2 voies était occupé par une maison où, avant 1630, habitaient les Noblet, famille de manouvriers et de vignerons connue depuis 1514. D'où le nom de la ruelle puis, bien plus tard, celui de la rue. L'extension du parc du château peu après 1650 supprima les chènevières et fit de la ruelle un cul-de-sac, encore visible aujourd'hui près de la Maison de Retraite.

 

            - un chemin partait de la Croix Robinet vers le château (c'est aujourd'hui une allée d'arbres à l'intérieur du Parc). Ce chemin passait devant le "Petit Moulin" que faisait tourner le ru de Cramart, franchissait le ru sur le "Petit Ponceau" et bifurquait. Une branche se dirigeait vers l'actuel Petit-Saint-Vrain. C'était le "chemin du Petit Ponceau" à Saint-Vrain. L'autre, dite "chemin des berges", allait parallèlement à la Juine, au-dessus des marais, vers la tuilerie et Brateau (fig. 3). Quelques maisons, nous l'avons dit, s'ouvraient sur ce chemin des berges. Tout cela disparut avec l'extension du parc vers 1650.

 

            L'actuelle rue de la Croix-Blanche existait déjà en 1614 et était prolongée par le "sentier de l'église à Châtres" (ancien nom d'Arpajon), aujourd'hui sentier n° 9.

 

 

Saint-Vrain :

 

            Le hameau de Saint-Vrain, l'actuel Petit-Saint-Vrain, s'est formé autour d'un prieuré créé au 11ème siècle. Des "seigneurs" y construisent leur manoir (fig. 3) : Guillerville, Maintenon, l'Hôtel de Chartres, Bardiz dont le château est proche du prieuré, Villemartin, Courtebray et les Portes. Des manouvriers y ont aussi leurs masures.

            Au début du 16ème siècle, existe près du prieuré un "Carrefour des Croix" d'où partent le "chemin du Petit Ponceau", le "chemin de Saint-Vrain à Leudeville" (l'actuel Chemin Madame) et le "chemin de la Barre" (peut-être la rue du pressoir). Mais l'extension du parc, les modifications apportées même au cours du ru et à la position des fontaines, la disparition du prieuré, de Villemartin, plus récemment celle de Courtebray, l'absence de tout plan antérieur à 1722 nous empêchent de connaître précisément la configuration ancienne de cette zone. En 1722, fut ouverte à travers le clos de Villemartin la route actuelle allant du bas du Chemin Madame au Puits d'Argent. En 1816, la rue du pressoir est incluse dans le parc du château et remplacée par l'actuelle rue Saint-Antoine.

 

            Mais aujourd'hui, il reste possible de localiser l'Hôtel de Maintenon. En effet, de 1687 à 1750, les Marquis de Saint-Vrain louent "la maison appelée Maintenon" aux tuiliers. On prend alors l'habitude de la nommer "la maison de la Tuilerie", nom qu'elle conserve après la disparition de la tuilerie et des tuiliers. Le 14.6.1774, Noailles, Marquis de Saint-Vrain, la vend à Monville, propriétaire de La Honville, de Courtebray et des Portes. Le 23 Brumaire VI (13.11.1797), Dumanoir, le gendre de Monville, la vend à Jean-François Prétrelle, à qui elle appartient encore en 1823. Elle est alors cadastrée B 357, 358, 359. Notons que le carrefour proche de ce lieu s'appelle encore Carrefour de Maintenon.

 

            Une chapelle Saint-Antoine fut construite par René de Carnazet, mort en 1522, sur la rue qui portait (ou prit ?) alors ce nom, sans doute près de son croisement avec le chemin de Brateau. Le 28.12.1578, elle bénéficie d'un don testamentaire de 5 sous, et le 28.11.1606, d'un autre de 10 sous 6 deniers. Son existence (ou son souvenir ?) est encore attesté le 26.8.1633. Elle avait sûrement disparu avant le 2.1.1647.

 

            Quant à la rue des Orfèvres, elle portait déjà ce nom en 1661.

 

 

 

Brateau :

 

 

            Un hameau est attesté à Brateau dès 1200, mais vraisemblablement, il existait déjà en 1035. Un moulin y existait en 1314 et tourna jusqu'au milieu du 16ème siècle. Le "Vieux Moulin" de Brateau n'est plus alors qu'un lieu-dit. Ses ruines n'apparaissent pas sur le plan de 1769. Mais en 1773, les habitants connaissent encore l' "Ile du Vieux Moulin", et, en 1834, le "Chemin du Vieux Moulin" (fig. 4). Le Chemin qui descendait du hameau à la "Vieille Rivière" était, en 1820 encore, appelé "Chemin de l'agayère", vieux mot français désignant un abreuvoir. Plus tard, les clercs de notaire écrivirent : chemin de la Guillère.

 

 

 

La Vallée :

 

 

            A la Vallée, les seuls changements notables depuis 1769, et vraisemblablement depuis plus longtemps, sont l'accès au château et l'étendue du parc de Billy.

 

            Signalons le "Bois des Beurier", parcelle actuellement à l'intérieur du parc de Billy (fig. 5). Ce toponyme rappelle vraisemblablement Colas ou Germain Beurier, manouvriers demeurant à la Vallée dans les années 1534-1541 et à qui devait appartenir ce bois. Extrêmement rares étaient alors, et pendant tout l'Ancien Régime, les "manants" possédant un bois, même plus petit que cette parcelle.

 

            Et pour les contemporains, cette indication suffisait donc à localiser précisément cette parcelle et ses environs au milieu des bois seigneuriaux bien plus étendus. De même, le nom du chantier "Le Noyer Bérault", situé à l'angle du "Chemin de Bonainville" (des Portes à la Vallée) et du chemin de Brateau à Bouray, rappelle vraisemblablement Robin Bérault, vivant dans la paroisse dans les années 1466-1470.